Les négociations des Six Nations (Caledonia)
Transcription des propos tenus par Michael Bryant à Caledonia
MICHAEL BRYANT SUR YOUTUBE (EXTRAIT AUDIO 1)
Bonjour, ici Michael Bryant, ministre des Affaires autochtones. Je me trouve au restaurant Tim Hortons de Caledonia. Nous sommes [propos inaudibles] ici; nous passons un peu de temps à discuter avec les gens. La confrontation entre les peuples Haudenosaunee et Six Nations a débuté il y a environ deux ans. Ici, j’ai appris une chose ou deux à ce sujet. Premièrement, il ne se passe pas grand-chose. La situation s’est calmée. Deuxièmement, on observait une plus grande intégration auparavant. Ici, au Tim Hortons, de même qu’à l’épicerie, on voyait beaucoup de membres des Six Nations, mais ce n’est plus le cas. Maintenant, la collectivité est divisée, et c’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles nous devons négocier un règlement. Je suis déjà venu ici à quelques reprises. C’est un excellent endroit pour prendre le pouls de la collectivité.
MICHAEL BRYANT SUR YOUTUBE (EXTRAIT AUDIO 2)
Je me trouve à l’autre restaurant Tim Hortons du coin. Je ne comparerai pas les deux Tim Hortons; les deux ont la faveur dans mon cœur. Je me suis entretenu avec quelques jeunes à la fin de l’adolescence ou au début de la vingtaine, dont une jeune fille qui est arrivée ici il y a à peine un mois. Elle n’avait aucune idée de ce dont je lui parlais, ignorait tout du conflit de la propriété Douglas Creek Estate, entre autres, et ne semblait aucunement préoccupée par ce sujet. Une autre jeune, une étudiante, habite ici depuis l’âge de neuf ans. Elle a affirmé que la situation n’a pas vraiment affecté le cours de son existence. Mais ça l’ennuie de constater que les médias présentent la situation comme si les gens étaient tenus en otage dans leur propre maison. Tout le monde affirme que nous ferons des progrès si toutes les parties manifestent du respect l’une envers l’autre. Mettons tout le charabia juridique de côté : si tout le monde se respecte, je crois que nous nous rapprocherons beaucoup d’un règlement. Voilà le but de mon combat. Il reste que j’apprécie vos suggestions, et que les gens d’ici m’ont transmis beaucoup de bonnes idées, tout comme la dernière fois que je suis venu ici. Donc, je ne suis jamais bien loin. J’aimerais connaître vos idées, et ensemble, nous allons aider les parties à se réconcilier.
MICHAEL BRYANT SUR YOUTUBE (EXTRAIT AUDIO 3)
Alors, voilà. Voici les terres que la plupart des gens appellent DCE, pour propriété Douglas Creek Estate. C’est ce terrain que les peuples Haudenosaunee et Six Nations considèrent comme une portion de leur territoire traditionnel. Comme vous pouvez le constater, c’est maintenant en fait un grand terrain vague. En ce moment, il ne s’y passe rien. La dernière fois que je suis venu ici, il y a quelques mois, j’y ai aperçu une, peut-être deux personnes. Grosso modo, cet espace demeure tout simplement un terrain vague. La structure là-bas a été construite par les peuples Haudenosaunee et Six Nations pour la distribution de matériel et d’information, mais quelqu’un y a mis le feu. Alors elle a été reconstruite. Là-bas, on voit que plusieurs personnes vivent aux abords du territoire de cette collectivité. On trouve une école au fond, où une barrière a été installée. Et pour ces gens, c’est plutôt affreux lorsqu’il y avait beaucoup d’activité. Maintenant, la province de l’Ontario est propriétaire de ces terres. Donc, tout le monde se demande ce qu’on fera de ces terres. Eh bien, il faut trouver quelque chose qui fera l’unanimité. Don, du salon de coiffure pour hommes, a suggéré de construire une piscine et un musée d’histoire des Haudenosaunee/Six Nations et de la collectivité élargie, et d’aménager quelques espaces verts et peut-être quelques logements; des logements qui répondraient vraiment aux besoins des Haudenosaunee et des Six Nations. Il ne faudrait pas oublier les besoins en eau, non plus. Et puis, Don dit que, comme ça, les enfants des deux collectivités pourraient fréquenter la même piscine et jouer au hockey dans le même aréna, et que le musée pourrait valoriser ce territoire, au lieu qu’il soit la source de cette controverse. Je ne sais pas trop. D’ici quelques semaines, je m’entretiendrai avec le Chef MacNaughton et le Chef Montour. Nous verrons si nous pouvons faire des progrès par rapport à la situation actuelle. Présentement, ils étudient une offre déposée par le gouvernement fédéral concernant l’une des revendications. Il s’agit des nouvelles les plus récentes. Les gens se demandent comment nous allons résoudre ce conflit? Eh bien, nous avons mené une enquête publique à ce sujet, et nous y avons consacré des sommes considérables. La population a dépensé beaucoup d’argent en raison de cette enquête, sur les événements d’Ipperwash. Cette démarche n’a pas fonctionné. Dudley George a été abattu par balle, puis il ne s’est rien passé en 12 ans. Depuis 12 ans, rien n’est arrivé à Ipperwash. Un affrontement est survenu entre la police et les Premières Nations, quelqu’un s’est fait tuer, puis il ne s’est rien passé en 12 ans. La crise d’Oka n’est toujours pas résolue. Ici, jusqu’à maintenant, les événements ont provoqué d’incroyables perturbations, bien entendu. C’est une bien sale affaire pour les gens qui habitent ici, pour les peuples Haudenosaunee et Six Nations, pour la population de Caledonia et pour le comté en général. Et les gens ont fait preuve de patience, mais toutes les parties concernées veulent aller de l’avant. Mais le seul moyen d’obtenir un règlement c’est d’abord de s’entendre. Il n’y a pas d’autre moyen. Si le gouvernement impose une solution, ça ne réglera rien. Par le passé, il est intervenu de cette manière auprès des Premières Nations, des Métis et des Inuits, et ça n’a jamais fonctionné. Et puis, et c’est ce que les résidents de Caledonia me répètent, il ne peut pas y avoir de gagnant ni de perdant dans toute cette histoire. Nous devons nous asseoir à la table de négociation et parvenir à un règlement. Nous devons faire avancer ce dossier. J’entends ces propos dans mes conversations avec les membres de la population locale, et j’entends les mêmes propos en parlant avec les membres de la confédération et avec le Chef Montour. J’ai hâte de célébrer l’anniversaire d’un traité de paix. J’ai hâte qu’un règlement soit conclu et que les membres de ces collectivités magasinent au même endroit, qu’ils fréquentent la même piscine, la même patinoire et la même église, comme avant. C’est le rêve que je fais. Il faudra beaucoup de travail, et les deux parties devront prendre des décisions importantes et parvenir à des consensus.
MICHAEL BRYANT SUR YOUTUBE (EXTRAIT AUDIO 4)
C’est encore Michael Bryant, ministre des Affaires autochtones de l’Ontario. Voici le pont; voilà la rivière. Nous sommes entourés par la population de la rivière Grand : les peuples Haudenosaunee/Six Nations et les résidents de Caledonia. En passant, on trouve un lieu de pêche magnifique, là-bas en amont, près du barrage. Il y a deux ans encore, les gens d’ici vivaient en très grande harmonie. Ils ont connu des hauts et des bas au fil des ans. Mais comme l’a dit quelqu’un, nous avons toujours vécu côte à côte. Nous devons redevenir des voisins. Je crois que la plupart des résidents de Caledonia se sont montrés très patients. Ils ont beaucoup de mérite pour cela – pour avoir fait preuve de patience. Cependant, il y a de la frustration. Aucun doute à ce sujet, on sent beaucoup de frustration. Les gens souhaitent un règlement et je suis d’accord avec eux. Nous devons faire avancer la situation, accélérer les choses; faire évoluer la situation. Il est important de négocier, parce que c’est le seul moyen d’établir un accord. C’est ce que me disent les gens des peuples Haudenosaunee/Six Nations aussi bien que les résidents de la région. D’une manière ou d’une autre, nous devrons accélérer les choses. C’est ce que nous allons faire. Il fallait – il faut obtenir un consensus, vous savez. Un consensus dans cette collectivité; un consensus parmi les peuples Haudenosaunee et Six Nations. Et c’est difficile. Vous savez, dans les années 1920, les Haudenosaunee possédaient l’un des systèmes démocratiques les plus anciens de la civilisation, à notre connaissance. Mais le gouvernement fédéral a fait son apparition et, en vertu de la Loi sur les Indiens, il a éliminé l’ancien système de confédération pour le remplacer par un système qu’il jugeait meilleur pour administrer cette collectivité. Et en fait, depuis ce temps-là, depuis les années 1920, la collectivité est divisée. Le gouvernement de l’époque a pris une décision désastreuse. Et puis, aujourd’hui, cette décision complique grandement l’atteinte d’un consensus dans la collectivité. Alors, ce problème – en plus des revendications et des désaccords qui datent de plusieurs siècles – le problème lié à l’obtention d’un consensus, est très, très complexe, lui aussi. De même, certains résidents sont mécontents de voir des étrangers venir ici, faire de grandes manifestations, organiser des protestations et faire tout plein d’autres choses qui ne servent à rien. La même chose se produit de l’autre côté. Et ces événements peuvent empirer la situation. On peut donc dire que les gens se sont montrés très, très patients au fil des événements. Il faut le reconnaître, mais je suis conscient qu’il est temps de passer à autre chose. Nous devons trouver un moyen de réconcilier les parties.
MICHAEL BRYANT SUR YOUTUBE (EXTRAIT AUDIO 5)
À la veille du deuxième anniversaire, la population tient à savoir ce qui se passe. Je viens de croiser un type dans le stationnement du Tim Hortons. Il m’a dit que la situation s’est calmée, mais que la population est inquiète. Les gens ne savent pas ce qui les attend, et ils ne savent plus qui croire. Et il a ajouté que les gens trouvent que les négociations n’avancent pas assez vite. Il reste que cet homme comprend qu’il n’existe pas vraiment de solution de rechange. La commission d’enquête sur Ipperwash, l’enquête publique dirigée par Sidney Linden, ont révélé que nous ne règlerons aucun conflit en provoquant des affrontements violents ni en essayant de cerner la population avant de la prendre dans nos filets. Je veux dire par là qu’il arrive un moment où il faut s’asseoir et négocier. Alors des négociations se déroulent à l’heure actuelle. J’ai parlé à plusieurs reprises au Chef Montour et au Chef MacNaughton, au centre d’affaires d’Oneida. Aujourd’hui, j’ai discuté avec le Chef Montour. Je me suis aussi entretenu avec le maire Trainer et les membres du conseil. Bientôt, je rencontrerai les chefs MacNaughton et Montour. Nous essaierons de trouver un terrain d’entente. Encore aujourd’hui, les membres de cette collectivité font beaucoup preuve de bonne volonté. Quelqu’un m’a dit : « Nous sommes tous voisins, il faut trouver un moyen de nous entendre. » Rappelons-nous que les gens des peuples Haudenosaunee et Six Nations, et des résidents de Caledonia avaient l’habitude de fréquenter ce restaurant Tim Hortons, et aussi l’épicerie. Mais aujourd’hui, ce n’est plus pareil. Maintenant, les Haudenosaunee vont magasiner à Hagersville. Les gens d’ici doivent trouver un moyen de panser leurs plaies et de se réconcilier. La première étape est de parvenir à un accord grâce à des négociations. Puis il faudra nous appuyer sur ces résultats.
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Priorité au texte prononcé.

